Depuis une vingtaine d'années, Hervé Azzopardi a cumulé les récompenses : Champion de France à 30 ans en 1997, Meilleur Ouvrier de France en 2000. Mais il n'est pas resté que sur le vieux port, il a même sillonné le monde avant de poser ses valises dans la cité phocéenne. Avec l'accent chantant, il nous parle de son amour des fleurs et de sa façon de voir le métier.
Q.
Depuis quand êtes-vous installé à Marseille ?
HA :
J'y suis né et ma mère était déjà fleuriste. Je crois qu'on choisit le métier
que l'on connaît le mieux. Du coup, j'ai commencé en apprentissage avec elle
puis j'ai repris la gérance du magasin en 1992.
Q.
Où se trouve votre magasin ?
HA :
Il est dans le 15e arrondissement, c'est-à-dire dans le quartier nord
de Marseille. Il fait 120 m2 et l'équipe est composée de 4 personnes. Je m'inscris dans la suite d'une
tradition et d'ailleurs c'est une affaire de famille puisque mon frère Didier y
travaille également. C'est d'autant plus nécessaire que j'ai beaucoup bougé
même si à présent j'ai choisi de me stabiliser ici.
Q.
Vous avez beaucoup voyagé pour votre métier ?
HA :
Oui, parce que j'ai passé divers concours nationaux et internationaux. J'ai
fait ça pour évoluer, pour me situer et être confronté à d'autres expériences.
J'ai aussi été professeur d'art floral au Canada, en Suisse, en Belgique... C'est
important pour s'aérer la tête, pour s'ouvrir à des horizons, ne pas faire
qu'un petit bouquet.
Q :
Comment vous définiriez-vous ?
HA :
Je suis un généraliste de la belle fleur. J'aime toutes les fleurs du moment
qu'elles sont belles. Et j'ai la chance d'être dans une zone qui n'en manque
pas. Je mets en avant les fleurs de ma région, le Var. Je connais bien les
producteurs, je leur fais confiance.
Q :
Comment percevez-vous la Charte Qualité Fleurs ?
HA :
C'est très important. On peut s'appuyer dessus, répercuter cette information au
client qui y est sensible surtout quand il voit des reportages sur d'autres
régions du monde. Cela incite le public à être plus réceptif à nos fleurs, à
avoir du respect pour notre travail et celui des producteurs. Si plus de 80% de
mes fleurs viennent du Var, c'est tout simplement pour une question de qualité,
parce qu'elles ont une meilleure tenue.
Q.
Quelle est votre clientèle ?
HA :
Essentiellement de quartier, mais c'est une clientèle large de particuliers,
peu d'entreprises. J'ai des clients qui aiment l'abondance, d'autres le
minimalisme. Notre force justement, c'est de savoir tout faire. De belles
compositions dans des formes généreuses aussi bien que dans l'épure.
Q.
Quelle est votre approche des fleurs ?
HA : On peut être un
artisan et un amoureux de la belle fleur. J'ai une règle, la beauté des choses,
dans les règles de l'art. Il faut savoir tout maîtriser, des accessoires aux
végétaux, mélanger le tout, dans le respect des fleurs. J'aime séduire par la
diversité. Ce qui compte, c'est de mettre sa part de création et de
savoir-faire.