Producteur de roses et de lys depuis 1991, Philippe Alary s'inscrit dans une tradition familiale qui plus est dans un terroir, celui de Vélines dans le Périgord. Après une formation d'ingénieur agronome, il a repris et développé l'affaire créée par son père ainsi que le groupement de producteurs qu'il anime. Sa double casquette de producteur et de responsable de groupement lui permet de parler avec lucidité de la situation actuelle.
Que est le profil de votre exploitation?
PA : Nous avons 2 hectares et demi consacrés à la culture des
roses et 5000 m2 à celle des lys.
Comment jugez-vous la situation actuelle ?
PA : Il ne faut pas se leurrer, la situation s'est dégradée
au cours des années 90, avec l'arrivée des pays émergents et en termes de coût
c'est assez dur. Les prix de vente sont les mêmes aujourd'hui qu'en 1991. C'est
dire combien nous sommes sur des prix plancher, même si nous avons amélioré la
productivité.
Que faire pour rester dans la course et maintenir la production ?
PA : La réponse tient avant tout au maintien voire à
l'amélioration de la qualité. C'est tout le travail justement de la Charte. Nous devons
rester sur une niche, sur des clients prêts à payer cette différence. C'est un
travail que nous avons engagé il y a plus de dix ans et qui porte ses fruits.
C'est un combat primordial qui peut s'apparenter à celui d'autres secteurs
comme le textile ou la chaussure. Seule la qualité peut nous sauver.
La Charte Qualité
est pour vous un élément clé ?
PA : Oui, mais il faut aller encore plus loin en termes de
contrôles. La durée de vie en vase c'est ce que recherche le consommateur et
pour le fleuriste c'est la garantie de revoir ses clients régulièrement. Il
faut donc des contrôles réguliers, encore plus fréquents pour s'assurer du
contrôle de cette qualité. Et puis, nous devons mieux communiquer vis-à-vis du
public. Ce qui est important c'est le client final. Il a besoin de savoir ce
qu'il achète et notre production a tout à y gagner. La plupart du temps, le
consommateur final est sensible à l'achat d'une production locale.
Mettre en avant la production locale, c'est gagner des parts de marché ?
PA : Absolument. Ici, nous avons une zone de chalandise qui couvre
non seulement le Sud-Ouest mais qui va jusqu'à Rennes et Châteauroux, soit un
gros tiers de la France.
Notre clientèle directe est principalement composée de fleuristes,
à 95%. Or, les fleuristes le savent bien, le consommateur est sensible à la
durée de son bouquet. Mieux vaut cinq belles roses qui tiennent longtemps
plutôt que dix qui n'ont pas tenu le coup. Le client regarde toujours l'effet
que son bouquet donne chez lui. Plus il dure, plus il est enclin à revenir chez
son fleuriste et c'est là que notre production locale a sa carte à jouer :
la fraîcheur, la tenue des tiges... C'est là que se situe notre raison de croire
et de croître. La qualité et la proximité.