Installé dans la périphérie de Rennes, à Saint-Grégoire, Ronan Le Berrigaud est un jeune fleuriste de 34 ans qui ne manque pas de conviction et d'enthousiasme pour son métier. La preuve, il a reçu, il y a deux ans, le Prix de la dynamique artisanale, organisé par une banque et la Chambre des Métiers d'lIle-et-Vilaine. Il nous parle de son quotidien, de son expérience et nous dit ce qu'il pense de la Charte Qualité Fleurs.
Etiez-vous prédestiné au métier de fleuriste ?
RLB : Non, mes parents étaient restaurateurs, mais disons qu'ils m'ont initié au commerce. J'ai fait un lycée horticole où j'ai passé le CAP et le BEP en production florale puis je suis allé à l'école de la Piverdière près d'Angers où j'ai obtenu mon CAP de fleuriste. J'ai ensuite démarré sur Rennes en tant que salarié, notamment à la Ronde des Fleurs pendant six ans, avant de m'installer à mon compte en 2003.
Parlez-nous un peu de votre environnement, de votre magasin...
RLB : Je me suis installé à Saint-Grégoire, dans le centre du bourg, qui se situe à quelques kilomètres du centre de Rennes. J'ai trouvé qu'il y avait un fort potentiel, avec une clinique qui a accueilli une maternité, une zone de bureaux et une zone résidentielle.
Quel est le profil de votre magasin et quelle est votre équipe ?
RLB : C'est une création pure. Il est dans la rue commerçante du bourg et sa superficie est de 45 m2 dont 35 m2 pour la vente. C'est un peu petit, je l'avoue, et je ne vois pas trop comment m'agrandir. Nous sommes deux, j'ai une employée avec moi. La décoration est sobre, tout est blanc, et je fais en sorte de mettre en valeur le produit plutôt que le lieu, même si j'apporte le plus grand soin à la vitrine.
Pourquoi ce nom « 5ème Saison », quelle origine ?
RLB : Bien sûr, c'est en écho aux 4 Saisons, la 5ème, c'est un peu une façon de créer un univers, d'inventer sa saison, de la faire à son image, à ses goûts. C'est une manière de prolonger son imaginaire, cela participe d'une ambiance !
Comment est constituée votre clientèle ?
RLB : Par ma situation, j'ai une clientèle d'habitués, de particuliers et aussi celle des bureaux. Je fonctionne également beaucoup avec Interflora et la maternité voisine. J'effectue beaucoup de livraisons, ce qui correspond à l'évolution du commerce.
Avez-vous senti les contrecoups de la crise depuis septembre ?
RLB : Pas trop jusqu'en novembre puis un léger fléchissement. La fleur reste un produit de luxe, c'est le plaisir avant tout, mais les clients sont aussi attentifs au prix et à la qualité. C'est là-dessus que nous devons faire la différence.
Comment percevez-vous la Charte Qualité Fleurs ?
RLB : L'idée est très bonne. J'ai mis l'autocollant de la Charte sur ma porte, c'est un peu comme un label. C'est ainsi que je le vois et les clients aussi. Etant donné que la qualité est au cœur de notre travail, la Charte est dans son rôle : le suivi, la qualité, la bonne tenue. C'est un atout, à charge pour chacun de nous de l'appliquer et de la faire vivre, qu'elle ne reste pas qu'une promesse.
Comment travaillez-vous les fleurs ?
RLB : J'aime mettre en avant la fleur plutôt que de rajouter des accessoires. Bien sûr, on va jouer sur le feuillage, la mousse végétale, la fibre de coco, mais on respecte le côté naturel. Les bouquets ronds représentent l'essentiel de notre production en magasin, avec les roses en vedette mais également selon la période, les anthuriums, les amaryllis, les œillets... Je ressens un retour aux fleurs classiques, qui plaisent au client, qui lui renvoient peut-être un message rassurant. Les pivoines, les roses anciennes sont très appréciées.
Quelle évolution voyez-vous pour vous-même et votre métier ?
RLB : Il me semble que nous devons privilégier aujourd'hui ce qui fait notre spécificité, la technique, la qualité. Le prix intervient mais ce qui est beau est cher. Un client peut le comprendre et l'accepter. Chez nous, les fleurs sont coupées une par une, jamais en bottes, on prend le temps, on sélectionne, on conseille. C'est un travail d'artisan et en même temps un commerce de proximité.